18 avril 2007
Contribution 01
Exposition "Portes et fenêtres du Caire" - Grenoble, Avril 2007
- Intro -
L’expérience des portes et des fenêtres, d’où qu’elles soient, adjurent à regarder au-delà et en deçà du cadre et des chambranles. Caresser le bois ou y fracasser la main, poser sa joue sur la vitre sont des gestes possibles à leur encontre.
Ouverte, entrebâillée, fermée à triple tour, libre de tous vantaux, gardée par un cerbère, cadenassée, décorée, défoncée, la porte institue, pour celui qui doit se décider à la franchir ou à y renoncer, la même énigme du seuil, du passage et de la limite : naissance, frontière, mort ou amour.
La fenêtre qui peut favoriser le voyeurisme, n’implique pas cette avancée concrète. Pourtant la fenêtre est l’avant goût de la porte. Elle en est, par ce qu’elle laisse deviner dans ses jeux d’ombres et de lumières, le signe avant coureur. On songe, on guette, on tricote sa vie à la fenêtre… Dans l’immobile apparent, le désir de faire entrer et quelquefois de fuir y pousse et précipite ! Derrière une fenêtre, le ressort et l’audace se tendent.
Derrière chaque porte, chaque fenêtre existe au moins un visage, emblème d’une vie qui attend ou se meurt. Quand on ouvre les siennes, on sait donc ce que l’on fait car
dans l’encadrement
d’une porte
il peut arriver que l’on soit
de tous les seuils.
La photographie d’une porte ou d’une fenêtre s’inscrit elle-même comme porte ou fenêtre et instruit la mise en abyme des passages…




