27 juin 2007
Parole 38
© unenägu Haapsalu 23 juin 2007
les noms s’écaillent
dans le cimetière d’Haapsalu
la croix se fiance à la pierre
et le bois au fer
et le fer au fer
et la pierre à la terre
et tout à la chair
et les liens sont des amarres
défaites contre ce qui s’aime
et s’appuie et s’approche
tout s’épaule et cherche
seules se répandent
herbes et fleurs
comme des verbes
pour faire
ici de tout
un substantif
en attendant
les arbres veillent
dans les ombres
du départ
Message 02
regarde comme les choses font alliance dans les fossés
comme se conjuguent les couleurs et la résistance
comme tout se livre au poids du vent
comme le rigide et le souple
comme la danse de l'air
comme le bleu
comme le vert
comme le gris
cela te réfléchit
dans le miroir de l'oeil

© unenägu Haapsalu 23 juin 2007
26 juin 2007
Message 01
regarde les clotûres sont franchies
les palissades déclinent leurs failles
je n'ignore pas :
les racines vivent en deçà...
et l'automne viendra...
et alors ! de quel côté
seront les vies déposées ?
les fleurs sont libérées !
elles sont deux !
tenter de
mourir à soi et vivre...

© unenägu Haapsalu 23 juin 2007
Parole 37

© unenägu Haapsalu 23 juin 2007
s'empile
le bois de la mémoire
pour la taille exacte
de l'âtre et du froid
l'un contre l'autre
le geste étincelle
pour l'emprise de la clotûre
la maison n'a que des lèvres
la parole attise les jours
qui viendront pour le feu
je ne veux apprendre de toi
que le geste de fendre
et de disposer dans le jardin
25 juin 2007
Au fond les pierres
partie
l'eau est encore là
tamise les cailloux des heures
au fond s'espère
une lumière que je nomme
de l'obscure joie
à qui la voit

© unenägu Haapasalu 23 juin 2007
Parole 36
© unenägu Haapsalu 23 juin 2007
arrive !
l’air est là
dans la lenteur est là
dans le creux est là
dans le crépuscule
je suis incomplet
le havre de la main
est à sa paix muette
au bout du bras
tout contre ta senteur
de silence
arrive !
les mouettes piaulent
contre la peau de l’eau
comme le frisson
quand la mienne épellera
la douceur près
du si peu de nuit
le jour est long
la lumière a peur
de s’assouvir penchée
sur l’ombre bleue du regard
arrive !
pour tout te donner
de ces cris de ces pas
de ce vent des gouttes
de l’invention de dire
les fleurs sont gardiennes
de la présence
et les pierres appuient
la marche
reviens !
n’importe où
22 juin 2007
Parole35
nous formerons nos mains
colmaterons nos failles
pour accueillir dans les tonneaux
du coeur ce que nous confieront
les pluies passagères
nous abreuverons nos vies
de ce qu’elles recueillent
en gardant un peu de notre soif
pour celle des herbes folles prises
dans la sécheresse de nos départs.
Parole 34
nous arrivons nus pour la rencontre
en suivant le chemin des abeilles
les voix mortes et usées
abuseront-elles de nos gestes
sur la plage d’Haapsalu
nous irons boire la marée du vin
baignant nos lèvres
dans le cristal du sable
la mer fera le ménage
de la poussière de nos passages
alors que l’eau remplira
le vase des empreintes
il y aura suffisamment de vent
pour que tu t’accroches au monde
en libérant nos mains
un vingt trois juin deux mille sept
20 juin 2007
Parole33
l'urgence dicte
ce qui s'avance
pouvons nous exister
au seuil
l'eau pourrait arriver
à manquer alors
que le monde à soif
dont nous sommes
avec nos brassées
d'espoirs à
accueillir
inquiets
Parole 32
libérer ton passage
contre notre peau
imaginer ce qui ne manque
d'arriver
surprenant vers
on peut se moquer du ciel
de la vie, du pays
mais de l'enfant
il faut délivrer le nom
c'est le prix
de ce qui pousse
et échappe
et nous agrandit
empêche
l'inadvenu
fais
que la haine
s'esquive
je suis des réconciliances
comme toi malhabile
et les enfants ne peuvent
pas savoir
ce qui nous arrive
sauf de leur apprendre




